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In sangria veritas ::

Le blog de Peio (c) Billet #1309 - In sangria veritas

Je juge souvent avec fureur tous ces gens qui, sous prétexte que la semaine a été dure ou qu'ils vont pas bien, se prennent une murge. Comme si l'alcool résolvait les problèmes.

Il y a une chose que j'ai retenu de mes longues années de psychanalyse : éprouver ses limites pour mieux les connaitre et réussir à mieux éviter les soucis dans l'avenir ! Suite à ma rupture d'avec LOULOU, j'avais traversé 11 mois de dépression. Pas d'antidépresseur, rien. Souffrir. Pour mieux savoir, pour mieux comprendre, pour mieux cerner.

Cela doit faire a peu prêt 4 mois (me demandez pas précisément, ma mémoire, en plus d'être défectueuse, a la particularité d'écraser tout mauvais souvenir !) que JULES m'a quitté. J'ai eu peur. Peur de ce que j'avais traversé avec LOULOU, peur de la hauteur de mon amour pour JULES qui était susceptible de me plonger dans une chute vertigineuse, peur. Alors ouvertement j'ai décidé de faire l'autruche. J'ai planté violemment et rapidement ma tête dans le sable et je l'ai maintenue coûte que coûte là. Pendant 4 mois.

Les nerfs ont tenu 4 mois. Et récemment, j'ai ressenti quelque part au fond de moi que quelque chose lâchait, craquait, cédait. J'arrivais au bout de ma résistance. J'ai commencé à être sec avec les gens, même au travail. Les nerfs étaient usés, ma panic room m'avait coûté cher. Et, quite à céder sous le poids, j'ai décider de le faire sur un terrain que je connais bien, chez moi, à Bayonne.

Ce week-end, c'était les fêtes de Bayonne et j'en attendais des litres de sangria ... pour noyer. Noyer mes soucis, noyer ma détresse. Finir "en beauté" cet épisode assez glauque. A carnaval, on brûle bien Mr Loyal, j'allais noyer JULES et ces garçons blessants qui ont croisé mon chemin ces derniers mois. Pitoyable. Assez lâche. Petit. Mesquin. Mais je n'avais plus le courage de plus !

Et à défaut de rencontrer le pichet létal, j'ai rencontrer un gars. 2h de ma vie. Chose dérisoire. Un mec qui venait de nulle part et qui y repartait le lendemain. Et il aura été mon déclic. Cet inconnu à qui je devrais donc beaucoup.

Bisexuel, carré des épaules, un "buste", un mec. Un mec simple ... et pourtant ... que de virilité. Et du charme. Du charme. Du charme. Et ce gars m'a déstabilisé. Il est d'une délicatesse et d'une attention ... un réel respect de l'autre, de son avis, de ses attentes, de ses limites. Une écoute. Ce mec me voyait et m'écoutait. Il était attentionné !

Depuis 4 mois, mal dans ma peau, laissé sur le bas côté par JULES, seul (quand un être vous manque ... tout le monde connait la citation !). J'ai cherché l'attention chez JULES, son intérêt. J'ai cherche l'attention chez d'autres mecs, leur intérêt. J'étais perdu. Complètement perdu. Paumé. Ma vie était avec JULES. Et j'étais seul. Et, au bout de 4 mois, Bayonne apporte donc une pierre à l'édifice : ce garçon reparti nulle part. Mais qui me laisse là avec la réponse introuvable que j'étais venue chercher dans cet univers chaotique des fêtes : il a fait attention à moi. Cadeau précieux.

Je reprends ma route, plus serein sachant enfin ce que je vais faire de ma vie : réapprendre à être moi car je vaux le coup qu'un gars bien s'arrête et que je l'intéresse juste pour ce que je suis ... et pas pour les contorsions que d'autres, bien plus égoïstes, m'ont imposées.

Le roi est mort, vive le roi. ::

Le blog de Peio (c) Billet #1308 - Le roi est mort, vive le roi.

En France, depuis la nomination au trône de Charles VII après la mort de son père Charles VI en 1422, à chaque décès de monarque on clame cette phrase. Elle vient de la loi "le mort saisit le vif", où le titre de souveraineté se transfère immédiatement au moment de la mort du monarque précédent. Nombreux seront ceux à l'avoir lu, vu dans un film ou entendu en cours.

Quelque chose de déroutant m'a toujours dérangé dans cette démarche rapide : un peuple et une famille qui se voudraient endeuillés s'empressent pour célébrer avec joie l'accession au trône de l'héritier. Et le mort dans tout çà ? On en fait quoi ?! On le glisse sous le tapis, ni vu ni connu j't'embrouille ?! On tourne la tête "hop j'te vois ... hop j'te vois pas ..!" ?! Où est l'équilibre dans toute cette bousculade, cette précipitation, ce remue-ménage ?! Plein de question qui restent en suspend et qui me reviennent dans la tête à l'heure où j'erre dans un no man's land qui oscille entre liesse et deuil.

Amityville ::

Le blog de Peio (c) Billet #1307 - Amityville

Encore cette semaine, je débattais au téléphone avec une amie (tiens, appelons la DESDEMON !) sur ma position vis à vis des liens d'amitié. Une conversation déjà menée avec elle, plusieurs fois. Un échange verbal où je lui expliquais et justifiais la "légèreté" que j'imposais depuis quelques temps dans mes rapports amicaux : je ne me sens plus la vocation de nouer de grandes relations amicales, imposant contraintes, prises de têtes et règlements de comptes à "Amityville".

Non. Depuis un bon moment maintenant, je me complais dans des relations de copinage, de bon pote, de gentille connaissance. Des liens somme toute légers dans leur contenu mais sincères : je décroche mon téléphone quand j'y pense mais le "Comment vas-tu ?" est franc et attend une vraie réponse ... pas un retour de courtoisie à la con. Je vois donc mes "amis" avec plaisir et j'essaie de conserver ces relations suffisamment superficielles (ou peu impliquées en apparence) pour ne pas tomber dans les travers où cette amie tombe assez souvent ces derniers temps ! DESDEMON me l'expliquait encore au téléphone il y a donc quelques jours.

Et comme le monde est finalement bien petit, le surlendemain, je traversais une galère amicale avec une autre amie. Une relation impliquée, impliquante. Comme on dit lors d'un mariage (car l'amitié comme l'amour à cette particularité) : pour le meilleur ... et pour le pire. Et, fort de mon implication, je me suis embarqué sur une voie qui tendait vers le pire ...! Bein oui, aussi balaise que soit mon discours, il m'arrive aussi de me casser les dents sur mes belles théories fumeuses ! Le cordonnier est souvent le plus mal chaussé dit-on.

Pour des raisons complémentaires, l'intervention d'un pote sur Facebook m'a fait réagir : en réaction à l'agression de cette amie, je répondais à mon tour par l'agression. Arrêt du "pire", terminus, tout le monde descend ! Et, en effet, qu'étais-je en train de faire ? Et qu'est-ce que je foutais là ?!

Un ancien pote à moi, il y a 2 ans, suite à mes séparation d'avec JULES, avait décidé (assez publiquement) de m'envoyer bouler, la situation le soulant sûrement. Et personne n'y a vu le mal, je n'ai lu ni entendu aucun jugement négatif sur son comportement. A voir la paille dans l'oeil du voisin, on ne voit pas la poutre dans le sien : avec bien moins de frasque, j'ai donc remis à une place plus adéquate ma relation d'amitié avec cette copine ... une place où, quand elle n'ira pas bien, je ne me sentirais que bien peu concerné et bien peu investi de la mission de lui venir en aide. Tellement plus simple à gérer !

La vie peut être tellement simple parfois. Simple.